Le débat sur les dettes est normal et sain, sauf lorsqu’il prend l’aspect tardif d’une confession autodestructrice.
L'accumulation de dettes n’est pas la preuve d’une déficience morale, seulement celle d’une mauvaise gestion, qui peut donc être facilement corrigée.
On se gausse des dettes publiques italienne ou française en fermant les yeux sur la dette américaine qui dépasse les 40 000 milliards $ et s’accroît de 100 milliards $ par mois, bientôt le premier poste de dépenses d’un budget fédéral en déficit de 6%!
Quant à la Chine, opaque et mystérieuse, elle alignerait un endettement global supérieur à 300 % de son produit intérieur brut.
Il y a donc bien une question sur l’endettement général des économies mondiales, conjugué avec les abus boursiers des investissements dans l’intelligence artificielle. Les dettes publiques et privées s’accroissent, les bourses montent au ciel !
L’Union européenne s’est fixée des règles rigoureuses pour éviter qu’au sein de l’euro certains profitent impunément de la force collective. Mais elles l'entravent et la brident.
Car rien ne remplace une véritable politique de croissance.
La différence entre l’Europe et les Etats-Unis c’est justement une croissance plus forte outre Atlantique qui dope le revenu des citoyens et nourrit un vrai dynamisme. Des financements faciles qui ne craignent pas le risque, qui choisissent la bourse plutôt que le réseau bancaire, le goût de l’aventure ou l’acceptation de l’échec éventuel, font la différence alors que nous disposons ici des mêmes technologies, parfois plus performantes.
Le seul moyen de rembourser les dettes, d’assurer une cohésion sociale et de préserver un modèle de société protecteur et solidaire c’est d’assurer une croissance plus forte. Celle-ci passe par la révision de règles malthusiennes, une politique monétaire plus active, vraisemblablement aussi par une dérèglementation qui évite la dérégulation.
Ce n’est pas simple et manifestement les Européens tâtonnent dans la recherche des meilleures politiques.
Mais cela ne devrait en aucun cas justifier ce pessimisme ambiant qui traverse tout le continent et qui nourrit le doute, à l’intérieur comme à l’extérieur.