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L’Europe sans Trump

Ou l’Europe malgré Trump

Marco Rubio, alors sénateur et raisonnable, avait fait adopter par le Congrès américain une loi obligeant un président qui voudrait quitter l’OTAN à recueillir au moins les deux tiers du Sénat. Autant dire que cela n’est pas près d’arriver.


Pour autant le président américain multiplie les déclarations à l’emporte-pièce contre l’accord transatlantique que les Etats-Unis avaient souhaité en 1949, au motif que les Européens refusent d’être impliqués dans la guerre qu’il est en train de perdre au Moyen-Orient.


Ce n’est pas une nouveauté. Il n’aime pas les alliances et les alliés, ceux-là spécialement qui ont organisé chez eux une paix contraire aux aventures militaires, une concertation permanente et le respect des droits de la Personne.


On ne peut donc pas compter sur lui pour venir en aide à un Etat européen attaqué. On savait fragile l’article 5 du Traité de l’Atlantique Nord qui normalement le prescrit, mais au moins son éventualité était dissuasive. Il n’y a maintenant plus d’ambiguïté : L’Amérique de Trump ne viendra pas au secours de l’Europe.


Bien pire, il y a fort à parier qu’il déshabille l’OTAN comme il est en train de décapiter sa propre armée. Le rêve le plus improbable de Poutine est ainsi exaucé.


Les Européens doivent donc s’organiser et ils n’ont pas attendu pour le faire. Ainsi ont-ils remplacé les Etats-Unis pour l’aide à l’Ukraine.


Il leur faut maintenant aller plus loin et officialiser le fait que la défense de l’Europe dépend d’abord de leur résolution. L’article 42 du Traité d’Union européenne instaure certes une clause de défense mutuelle, mais elle est limitée à l’Union.


Sans toucher à l’OTAN, ils pourraient, par un traité, un accord ou une déclaration, assumer la défense collective du continent et organiser entre eux une solidarité de fait en cas d’agression ou de provocation. Pourraient se joindre à eux le Royaume-Uni, la Norvège, le Canada et quelques autres encore.


Ceci signifierait clairement la volonté européenne de prendre en charge la défense du continent sans s’en remettre à d’autres. Cela obligerait aussi les Européens à s’organiser encore plus rapidement face à un danger russe qui s’accroît et une Amérique au mieux imprévisible.

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