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Agenda

12 juin 2015

Jean-Dominique Giuliani intervient lors de l'Assemblée générale de la FDSEA (Fédérations Départementales des Syndicats d'Exploitants Agricoles) à Condé sur Vire dans la Manche.

Leçons britanniques

Passées, présentes et à venir…


Contre toute attente, le parti conservateur l’emporte haut la main et se trouve reconduit au gouvernement britannique. C’est plutôt une bonne nouvelle.

L’économie d’outre-Manche se porte mieux. La brutale réduction des dépenses publiques a réussi à faire baisser le chômage. Avis à ceux qui en doutent : il n’y a pas d’autre recette ! Annoncées avant les élections, acceptées malgré leurs douloureux effets, ces réformes n’ont pas pris de court les électeurs qui en redemandent pour 5 ans. Belle leçon !

Mais les Européens ont-ils raison des s’inquiéter du référendum promis sur l’appartenance à l’Union européenne qui a ruiné les espoirs électoraux des europhobes ?


Compte tenu de l’irrationalité du débat européen en Grande-Bretagne, cette échéance risquée aura au moins le mérite de clarifier la position du gouvernement britannique vis-à-vis de ses partenaires, pour lesquels il n’est aujourd’hui que l’agaçant Mr No.

Une sortie du Royaume-Uni de l’Union, que personne ne souhaite, exigerait un très long processus qui lui serait franchement défavorable
(www.robert-schuman.eu/fr/doc/questions-d-europe/qe-355-fr.pdf). Elle se ferait d’abord à son détriment car il perdrait le libre accès à un marché qui représente 500 milliards  de ses exportations (contre 60 pour la Chine par exemple), vraisemblablement beaucoup des investissements européens, qui comptent pour 50% de ses investissements domestiques. Et que dire des 1,8 million de ses sujets qui vivent sur le continent ?

Ce gouvernement stable et libéré du chantage de ses « frondeurs europhobes », va pouvoir conduire une discussion sérieuse avec une Europe qui se réforme déjà dans un sens qui devrait lui convenir. Il devra surtout mener une campagne d’explication approfondie et franche avec ses concitoyens qui, déjà, en 1975, nous avaient joué la même scène, pour finalement choisir de rester dans l’Europe à plus des deux tiers.

On se serait évidemment bien passé de cette incertitude, mais on doit faire confiance aux Britanniques pour savoir où résident leurs intérêts. Ils sont à l’évidence au sein de l’Union. A eux de le dire.

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