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Agenda

28 juin 2019

L'Institut franco-allemand organise en coopération avec la Fondation Robert Schuman un colloque sur la coopération franco-allemande dans un nouveau contexte caractérisé par le Traité d'Aix-La-Chapelle et l'Accord parlementaire franco-allemand. Jean-Dominique Giuliani animera l'atelier consacré au sujet de la défense lors duquel Stefan Bantle, Auswertiges Amt, Luc Jouvence, Etat-major des Armées françaises, et Prof. Dr. Hans Stark, IFRI, interviendront. Jean-Dominique Giuliani tiendra le mot de clôture qui suivra la matinée publique sur la coopération entre les parlements avec, entre autres, Dr. Wolfgang Schäuble en tant qu'intervenant.

L'Europe, c'est un message pour le monde et pour l'avenir

Arguments de campagne

D’une campagne active sur le terrain, nous tirons les conclusions que les Français attendent des arguments de haute teneur exprimant une vision du monde et de l’Europe plutôt que privilégiant les considérations de politique intérieure.



En vue de la ratification du Traité établissant une Constitution pour l’Europe, pour convaincre, il faut d’abord parler de l’Europe .



La faiblesse des arguments du Non n’a d’égale que la force des extrêmes coalisés.



La crise nerveuse qui a saisi les Français relève à la fois d’une angoisse face au monde, d’une quête d’identité et d’une recherche de motifs de fierté et d’espoir.



Il est indispensable, en prenant de la hauteur, de rappeler ce qu’est l’Europe pour le monde, en expliquant sa réalité pour la France et en traçant des perspectives positives pour l’avenir.





I – L’Europe c’est un exemple, c’est un message pour le monde :



C’est une mentalité nouvelle, une nouvelle manière de concevoir les relations internationales, qui rompt avec des habitudes passées qui ont toutes échoué.



Cet esprit n’est pas seulement celui de la paix et de la stabilité, c’est aussi celui du progrès humain dans la coopération étroite avec d’autres pays. C’est réellement un nouveau concept qui dépasse les divisions entre Etats pour nous obliger à toujours trouver une solution à nos différends et donc à en faire une force commune.



C’est une nouvelle manière de concevoir les rapports entre Etats. Elle correspond exactement à notre vision des relations internationales (Paix, primauté du droit, multilatéralisme, organisation d’un ordre international, coopération).



L’Europe c’est la force du droit plutôt que le droit de la force.



C’est aussi une pratique différente du gouvernement des hommes et de la vie en société, qui refuse la structure verticale du pouvoir et la contrainte dans son exercice.



Cette nouvelle approche du pouvoir est basée sur le compromis et non sur la décision unilatérale.



Le compromis  ne satisfait personne mais tout le monde y gagne.



L’Europe c’est la générosité.



A l’égard des pays les plus pauvres. Envers aussi ceux qui, en Europe et ailleurs, se sont libérés et ont accédé récemment à la démocratie. L’inquiétude face à l’élargissement doit être surmontée. Les pays qui nous ont rejoint et qui vont nous rejoindre méritent notre soutien. C’est notre devoir devant l’histoire; c’est aussi notre intérêt.



Ce message a une vocation universelle.



Nombre de régions, de pays ou de continents seraient heureux de vivre sous le même régime démocratique de la liberté, du droit et du compromis plutôt que confrontés aux conflits, aux nationalismes et aux diktats.



 

II – La réalité européenne :




L’Europe c’est une succession d’accords internationaux qui organisent la mise en commun de certains attributs de la souveraineté dans le respect de notre identité :



65 ans et 7 traités européens ont été nécessaires pour organiser entre les pays d’Europe des intérêts communs. L’économie est devenue la garante des erreurs humaines et des dérives des pouvoirs. De ce point de vue, c’est un succès incontestable. Désormais, nous avons davantage intérêt à discuter qu’à nous disputer.



Sans l’Europe telle qu’elle est, nous ne serions pas devenus ce que nous sommes.



Sans l’ouverture des frontières et l’agrandissement de notre espace économique, notre niveau de vie, notre modèle de société, nos standards sociaux, ne seraient pas les mêmes. Sans la liberté des échanges dans un espace régulé et protégé, la France n’aurait pas tenu tête à un monde globalisé où règne la compétition.



Depuis 1992, près de 300 000 emplois français ont été créés grâce au marché unique.



Le 8ème traité européen est le moins économique ; il est le plus politique.



Il est destiné à mettre de l’ordre dans une machine forcément complexe, à clarifier les compétences, à rendre plus démocratique le fonctionnement de l’Europe.



Il vient à son heure pour nous permettre de mieux ré-orienter cette construction unique.



Ce traité constitutionnel est un compromis entre 25 Etats et 105 responsables politiques de tous bords. Il pourra et devra être complété ; mais c’est une étape utile.



L’Europe c’est un long chemin vers plus de régulation internationale et une meilleure prise en compte de la dimension humaine dans l’organisation du monde.



 La France y est totalement à l’aise.



Ses intérêts et sa vision du monde ont été renforcés par son appartenance à l’Union.



Nous sommes hostiles à l’hégémonie, au capitalisme sauvage et au laisser-faire, mais nous sommes pour la liberté ; ce sont les positions de l’Europe sur la scène internationale ; grâce à elle, le multilatéralisme a résisté ; sa voix est entendue et reconnue dans le monde ; nos partenaires européens partagent ces convictions et ces engagements.



Son modèle de société libre et fraternelle, fondée sur l’égalité des chances, s’en est trouvé conforté. Il est une référence dans le monde.

Depuis 65 ans, il n’y a pas d’exemple d’une décision européenne importante qui soit contraire aux intérêts de la France. Il en sera de même dans l’avenir.



Tout n’est pas satisfaisant en Europe, mais, à chaque décision européenne, nous y avons gagné et n’avons rien perdu.



Le Traité constitutionnel renforce les garanties démocratiques des citoyens. Le Parlement européen exprimera mieux les aspirations populaires. Les citoyens disposeront de droits nouveaux, reconnus et garantis au niveau international.



Pour les Français, la Constitution européenne, ce sont des droits en plus.



 

III - L’Europe c’est un chantier d’avenir permanent :



Il reste encore beaucoup à faire pour que l’Europe nous satisfasse pleinement dans ses politiques :



Accroître les solidarités. Elles existent, il faut les renforcer. Les agriculteurs français ont reçu 210 milliards d’Euro depuis 1962 ; ils reçoivent chaque année 10,5 milliards soit plus du double du budget français du ministère de l’agriculture.



Développer et garantir les droits dans les domaines économique et social, c’est l’objet de la Constitution qui consacrent de longs développements au Droits fondamentaux et à leur mise en œuvre.



Permettre le développement de politiques européennes qu’on ne peut pas assurer au seul niveau national, c’est indispensable, par exemple pour l’environnement.



Renforcer le poids de l’Europe. Si nous voulons compter davantage dans un monde chaque jour plus compétitif, il nous faut des institutions européennes plus visibles et plus démocratiques. Dans le monde tel qu’il va et dont on ne saurait se satisfaire, le seul moyen de peser sur l’économie mondiale, c’est de le faire avec l’Europe.



Le vrai moyen de garantir notre indépendance, y compris en matière de défense, c’est de bâtir une Europe de la sécurité, qui progresse chaque jour.



L’Europe demeure un des rares sujets d’espoir et d’enthousiasme, mais elle se construit dans la durée. En poursuivant l’intégration de l’Europe, nous travaillons pour nos enfants et petits-enfants.





Il ne sert à rien de taper du pied tout seul dans son coin en regrettant le passé.



Il est plus utile de s’atteler à la tâche avec l’aide de partenaires puissants et solides. L’alliance franco-allemande en est un exemple. Notre engagement européen en est un autre.



L’ouverture sur l’Europe nous protège d’un monde plus dur.



L’Euro, par exemple, nous a protégé des dévaluations.  La dévaluation, c’est l’impôt sur les pauvres qui voient baisser leur pouvoir d’achat !



Cette Constitution n’est qu’une étape vers une Europe plus efficace.



La démocratie ne saurait si longtemps s’accommoder de l’inefficacité qui frappe parfois nos institutions. Tout ce qui la renforce est bon pour le genre humain, est favorable au citoyen.



Le sens des responsabilités comme la raison nous inclinent à ratifier ce traité constitutionnel.



La France l’a réclamé pour rendre l’Europe encore plus efficace.



Sa rédaction doit beaucoup à la France.



Elle doit y voir une preuve de plus qu’elle est entendue quand elle est grande.



Les Français doivent montrer qu’ils ont confiance en eux-mêmes.



Ils peuvent être fiers d’appartenir à cette entreprise humaine unique : l’Europe unie.