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Une Europe plus politique

Article publié dans "L'Opinion européenne en 2008" (dirigé par D.Reynié), Editions Lignes de Repères, Paris, 2008.

Les institutions européennes ne satisferont réellement aux critères démocratiques que lorsque l’espace du débat public se sera transporté principalement au niveau européen. Les élections européennes doivent être un moment fort du débat politique, qui donne bien sûr une base légitime au Parlement européen, seule institution de l’Union élue au suffrage universel, mais aussi à la Commission, son président et son programme.



C’est la raison pour laquelle nous partons chaque année à la recherche de l’opinion publique européenne en tentant de mesurer ce qui rapproche et ce qui différencie les différentes opinions nationales.



En attendant, la politisation des enjeux européens est plus nécessaire que jamais. Les grands choix européens doivent faire l’objet de débats publics seuls susceptibles de les faire bénéficier d’un soutien populaire indispensable alors que l’Europe devient plus politique et que les décisions à prendre concernent de plus en plus la souveraineté nationale des Etats membres. Tel est le cas pour l’élargissement et la question turque, la politique commerciale et les grandes négociations internationales, la politique de l’immigration, la défense et la sécurité du continent.



Il est désormais certain que les institutions européennes ne pourront plus décider comme par le passé, sans un soutien populaire avéré, fut-il matérialisé a posteriori. Heureusement le Parlement européen a pris la relève et son poids politique s’est accru grâce à sa capacité à aborder les questions les plus difficiles d’une manière ouverte et très démocratique. Il joue un rôle de plus en plus positif.



Les nouvelles dispositions du Traité de Lisbonne le confortent. Elles organisent un lien démocratique plus fort entre les décisions européennes et les Européens, notamment avec les Parlements nationaux.



On doit se féliciter de ces évolutions, même si elles n’étaient pas toujours prévues. Elles devraient permettre de relancer le projet européen qui doit maintenant se concentrer sur le rôle que l’Europe veut jouer dans le monde globalisé, son identité, c’est-à-dire aussi ses frontières, ses moyens, c’est-à-dire les transferts de souveraineté que nous accepterons pour progresser vers une Europe de la défense et de la sécurité. L’Europe politique est là, devant nous. Elle se fera avec les Européens.