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"l'Europe aux citoyens"

Editorial pour le numéro 181 de la Revue du Trombinoscope (www.trombinoscope.com)

Regards brouillés face au monde qui change, nerfs à vif dans la crise, inquiets devant l’inconnu et avec peu d’appétit pour l’avenir fascinant qui s’ouvre, les Français s’apprêtent à voter le 25 mai pour les élections européennes. Comme d’habitude.




C’est-à-dire d’abord dans l’ignorance du travail du Parlement européen, l’une des plus grandes assemblées démocratiques du monde, la seule institution européenne élue au suffrage direct ; dans l’indifférence des grands enjeux où – l’union fait la force – L’Europe nous permet de compter encore sur une planète d’États-continents ; dans l’impatience envers des institutions politiques parfois dépassées par les évènements. L’Europe qui fait rêver à l’extérieur, ferait-elle désespérer à l’intérieur ?




Partout copiée, enviée pour son niveau de vie et son État de droit, ses solidarités sociales et sa prospérité, l’Europe est le continent où l’on veut vivre, c’est à l’Union européenne que tant d’États veulent adhérer !




Le rapprochement des Etats européens, lent mais si rapide à l’échelle de l’histoire, est peut-être le projet le plus intelligent que la France a inventé depuis longtemps. Il nous a permis de rester dans l’histoire, de pacifier le continent dévasté et divisé, de retrouver une prospérité inégalée et des solidarités qui n’existent nulle part ailleurs.




Certes, l’Europe mérite, elle aussi, bien des réformes et des adaptations. Autant que nos gouvernances nationales, bousculées par les changements. C’est ce qu’elle a fait dans la crise, mobilisant plus de moyens pour éviter la régression et réformant ses politiques plus qu’aucun autre ensemble au monde. Beaucoup reste à faire. Souvent jugée lointaine, elle est pourtant démocratique et, depuis qu’elle existe, aucune de ses décisions importantes n’a jamais été prise contre nos intérêts fondamentaux.




Et pourtant se lève, attisé par des démagogues sans vergogne, comme un vent de révolte :

« l’Europe ne nous a pas épargné la crise », « elle est bien compliquée », « qui sont ceux qui la dirigent », « l’Europe est mal conduite », « nous y sommes trop nombreux » ! Autant de questions  qui  s’adressent  d’abord  à  nos  gouvernants,  mais  aussi  à chacun d’entre nous qui avons le privilège de pouvoir voter. L’Europe, c’est nous, les citoyens, nos représentants, nos États, qui la façonnons au quotidien. La meilleure réponse est donc de participer au scrutin du 25 mai et de voter, car il ne doit y avoir aucun doute, l’Europe appartient

d’abord à ses citoyens.




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