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09 décembre 2021

Jean-Dominique Giuliani remettra les insignes de Chevalier de la Légion d’Honneur à Monsieur Georges Richelme, Président honoraire du Tribunal de Commerce de Marseille, Ancien président de la Conférence Générale des Juges Consulaires de France.

Parlement de droite ou de gauche?

Article publié dans Le Figaro le 23 avril 2009 dans le cadre du partenariat entre le Figaro.fr et la Fondation Robert Schuman pour les élections européennes des 4-7 juin 2009.

 


Le Parlement européen est-il de droite ou de gauche ? Et qu’en sera-t-il après les élections européennes du 7 juin ? Au sein de l’Union, 14 gouvernements nationaux sont dirigés par le Centre-droit, 8 par la gauche et 5 par de grandes coalitions rassemblant la droite et la gauche. Cette représentation politique se retrouve peu ou prou au Parlement au sein duquel, pourtant, le mode de scrutin proportionnel, appliqué partout, crée une situation plus confuse.



Ainsi le premier groupe du Parlement sortant, qui compte 785 membres est-il, avec 288 députés, celui du Parti populaire européen, auquel se rattache l’UMP, le second, avec 217, celui du Parti socialiste européen, le troisième, avec 100 députés celui de l’Alliance des Démocrates et des Libéraux avec le Modem. Les Verts comptent 43 élus, les eurosceptiques se divisent entre trois groupes de 47 députés communistes, 43 et 22 souverainistes de droite. Il y a 31 non inscrits.

Cet équilibre devrait être peu modifié, dans un Parlement de 736 membres, même si les eurosceptiques de droite envisagent de former un groupe nouveau avec les Britanniques et les Tchèques aujourd’hui adhérents du PPE. La majorité du Parlement est donc d’abord modérée, de centre-droit et de centre-gauche et cela s’exprime dans les votes ainsi qu’à l’occasion du contrôle et de l’investiture de la Commission européenne.



Les prochaines élections seront-elles un enjeu politique gauche-droite de type traditionnel ? Tous les partis politiques se rattachent à des partis européens transnationaux. Leurs programmes résultent souvent de compromis laborieux qui montrent les différences nationales de leurs membres. Le spectre des convictions est large entre les Socialistes français et le Labour britannique ! Il l’est aussi entre la CDU d’Angela Merkel et le Peuple des Libertés de Silvio Berlusconi. Aussi les manifestes publiés ou en préparation sont-ils assez consensuels.



Tous les grands partis se prononcent pour une politique étrangère et de défense renforcée, pour une lutte contre le réchauffement climatique et le développement des énergies renouvelables et pour une réponse européenne commune à la crise.

Néanmoins la politique s’introduit de plus en plus dans les débats européens. Le PPE met l’accent sur la sécurité, le défi démographique, prônant une véritable protection de la famille et même du mariage ! Il souhaite renforcer les liens avec l’Amérique et marque une prudence nouvelle envers l’élargissement futur de l’Union. Les Socialistes proposent un Pacte européen du progrès social, un salaire minimum européen et insistent sur le caractère « multiculturel et multi-religieux des sociétés européennes », se prononçant pour la poursuite de l’élargissement en mentionnant expressément la Turquie. Les Libéraux veulent l’achèvement du marché unique dans tous les domaines, l’énergie, les services postaux, les chemins de fer et les soins de santé, sont favorables au libre-échange jusqu’à proposer la suppression des droits de douane et une réforme de la politique agricole qui devra permettre « aux agriculteurs d’être concurrentiels sur un marché mondial libéralisé ». Quant à l’élargissement, ceux qui remplissent les critères doivent en bénéficier. Les Verts affirment que « la déraison s’est emparée du monde », que « tous les indicateurs sont au rouge » et qu’il faut construire un modèle économique alternatif par la « décroissance des flux de matière et d’énergie sans recours au nucléaire et aux agro-carburants ». Enfin, pour Libertas, « l’Europe est une dimension nécessaire de notre avenir », mais « son fonctionnement trop technocratique et anti-démocratique a perverti le projet initial des Pères fondateurs ». Il faut se protéger, refuser l’élargissement et rompre avec le libre-échange.



Ces prises de position ne sont donc pas tout à fait les mêmes que sur la scène nationale. Le débat européen est en voie de politisation. Manifestement celle-ci n’est pas totalement achevée…

Si une majorité des partis européens ne remet pas en cause le sens de la construction européenne et souhaite qu’elle accélère son intégration, des politiques européennes spécifiques sont de plus en plus l’objet de débats vigoureux qui constituent de nouveaux clivages, comme l’élargissement, la libéralisation, la concurrence et la définition d’un modèle économique et social, la gouvernance de l’Europe. En outre, les eurosceptiques se poussent du col à la faveur de la crise.

Il y aura donc bien un enjeu gauche-droite le 7 juin prochain, mais il est parfois difficile à identifier, car il y a encore beaucoup de chemin à parcourir avant de passionner les électeurs nationaux pour ces programmes « désodorisés ». C’est pourquoi les partis politiques nationaux les accommodent à leur propre sauce, quitte ensuite à se fondre dans un Parlement qui, de toute façon, n’aura ni majorité de droite ni majorité de gauche.



Lien vers le site des élections européennes de la Fondation Robert Schuman