fr en de
portrait

L’Europe, seule face à son destin

En abandonnant l’Ukraine, avant même qu’elle soit attaquée, l’OTAN et ses alliés ont renoncé à dissuader Poutine d’agresser son voisin. Quelques troupes, même en exercice, auraient peut-être suffi…

L’Ukraine est seule et les Ukrainiens vont payer très lourdement le prix de ce renoncement.

Mais désormais c’est aussi l’Europe qui est seule.

Par peur des conséquences, elle n’a pas imaginé utiliser la force pour dissuader et ses alliés de l’Alliance n’ont manifesté aucune envie de s’impliquer dans ce nouveau déchirement du continent.

Il lui appartient donc de dire si elle accepte de voir son environnement à ses frontières peu à peu grignoté par la force.

Des années de refus d’organiser une défense collective et autonome risquent de l’entraîner où elle ne veut pas retourner – un conflit armé - et où ses alliés hésiteraient à la suivre. Pour l’instant, persuadée, peut-être à tort, de sa faiblesse relative, elle s’en remet à eux, pourtant bien loin du théâtre des opérations et semble tétanisée par l’idée d’une guerre plus globale dont la menace l’agresseur transgressif russe qu’elle n’a pas su dissuader.

L’Europe voit donc augmenter chaque jour le prix à payer pour stopper cet acte injustifiable. S’accroît de surcroît la probabilité pour elle d’être entraînée dans un conflit qui peut un jour la concerner directement.

Les Européens seraient alors tenus à la solidarité les uns envers les autres par le Traité d’Union européenne (article 42.7), dans des termes bien plus impératifs que l’article 5 du traité atlantique : « Au cas un État membre serait l'objet d'une agression armée sur son territoire, les autres États membres lui doivent aide et assistance par tous les moyens en leur pouvoir ».

Cet engagement les convaincra-ils de prendre les décisions qui s’imposent pour s’opposer à celui qui veut réécrire l’histoire déjà tragique de l’Europe ?

Au regard du passé, c’est pourtant par leur seule détermination et leur indispensable unité, par un réarmement massif et une coordination renforcée, par une réaction forte et précoce, qu’ils seraient en mesure d’arrêter une tragédie qui, sinon, peut en appeler d’autres.
signature