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Agenda

22 novembre 2018

A l'invitation de l'association Decere, Jean-Dominique Giuliani sera à Strasbourg le 22 novembre prochain pour une intervention sur les enjeux des élections européennes de 2019. Il sera notamment question de savoir si réconciliation et solidarité sont encore les valeurs qui inspirent les programmes politiques dans la perspective des élections européennes de mai 2019 alors que monte les populismes et les nationalismes en Europe.

Une Europe plus forte qu'elle ne le croit

Il suffit de parcourir la Chine pour comprendre ce que transition démographique et développement de rattrapage veulent dire: un immense défi pour le monde.

L’Europe y a plus d’atouts qu’elle ne le croit.

Quand elle se dote, comme elle est en train de le faire, d’instruments commerciaux de lutte contre le dumping, elle surprend par son unité et oblige les Etats au respect d’un minimum de règles.

Quand elle refuse d’adhérer en vassale aux routes de la Soie, projet destiné d’abord à ce que toute l’économie mondiale paie tribut au communisme chinois, elle fait preuve d’une force que peu de pays peuvent revendiquer.

Quand elle conclut un accord commercial avec un Japon peu enclin à se laisser dicter quoi que ce soit, elle démontre son attraction.

Quand elle oblige le Royaume-Uni à retrouver le pragmatisme que lui ont fait perdre quelques idéologues populistes et à quitter l’Union européenne à ses conditions, l’Europe affiche sa force tranquille de géant.

Face à la vague des nationalismes, à la mode de « l’illibéralisme », à l’attrait de l’autocratie, elle peut encore mieux faire si elle privilégie la réflexion stratégique sur les vieux réflexes nationaux, le long terme sur le seul commerce, si, unie, elle se pense en puissance.

Alors qu’elle révise ses outils sécuritaires et commerciaux, elle doit être intransigeante avec ses valeurs et ses intérêts. Elle doit aussi adapter ses politiques sans naïveté parce que nous savons désormais que le communisme totalitaire est soluble dans le dollar et l’euro et qu’il est capable de survivre en copiant notre libéralisme d’antan, en prônant le libre échange d’hier, en donnant des leçons à l’extérieur tout en maintenant la tyrannie à l’intérieur.

Traiter par exemple avec la Chine, ce n’est pas seulement vendre quelques sacs à main griffés supplémentaires, quelques machines-outils ou automobiles de plus; c’est démontrer qu’il a tort à un régime politique qui prétend que les droits de l’Homme ne sont pas universels, que l’Etat de droit est une invention occidentale, que la prospérité passe avant la liberté et qu’il suffit de nourrir une population surveillée par big Brother pour organiser la vie en société.

N’oublions jamais de défendre et promouvoir nos intérêts de long terme que seuls garantissent le droit, le régime démocratique et le respect de la personne face à l’expression du mercantilisme le plus cynique inventé par le genre humain. Il en va de tout le reste, de notre survie économique comme de notre avenir politique.

L’Union européenne a la taille pour le faire. Elle doit maintenant démontrer qu’elle en a vraiment envie.

 
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