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29 février 2020

Le 29 février l'IRIS organise la 12ème édition des Entretiens européens d'Enghien lors desquels Jean-Dominique Giuliani interviendra sur le sujet " L'Union européenne et ses frontières ".

Le retour de la France en Europe?

On aura finalement parlé d’Europe dans la campagne présidentielle française, mais en quels termes! L’Union européenne est devenue le prétexte à toutes les peurs, les ressentiments, les angoisses et les revendications qui relèvent d’abord, on l’aura compris, du gouvernement de la France. Critiquer certaines politiques est légitime mais ce ne sont pas elles qui sont à l’origine des piètres performances françaises. En 2016 la croissance européenne s’est élevée à 1,9%, supérieure à celle des Etats-Unis (1,6%), et celle de la France est bien inférieure  (1,1%) à celles de nos plus proches voisins. Il y a donc urgence à relancer l’économie française, répondant en cela aux fortes attentes de catégories entières de la population qui s’estiment déclassées, malmenées, laissées pour compte au nom de la globalisation.

Partout dans le monde, la réponse extrémiste a échoué et n’a conduit qu’à plus de misère, d’inégalités et d’insécurité, voire à des dérives autocratiques. Les Français ne peuvent pas l’ignorer en allant voter le 7 mai ou en s’abstenant pour protester contre l’économie mondiale. L’abstention n’est pas une option, c’est une lâcheté. Les regards du monde entier sont tournés vers la France qui occupe une place à part en Europe. Mais ceux aussi des autocrates de tous bords - Poutine, El Assad, Maduro, Erdogan et même Kim Jung Un a cru devoir s’exprimer - et des fascistes sommeillant au sein des extrêmes droites aux Etats-Unis, en Europe et ailleurs expriment leur choix sur les réseaux sociaux pour abîmer l’image du candidat modéré qui s’oppose à leurs menées.

Car celui-ci présente à leurs yeux un défaut majeur: il est Européen! Et l’Europe est le seul ensemble politique capable de réguler la folle économie mondiale et de tenir tête aux géants économiques dont la capitalisation boursière est parfois identique au budget annuel de la France. On peut estimer qu’elle ne le fait pas assez, mais l’Europe c’est la régulation!

Si la France choisissait l’extrémisme, elle serait immédiatement isolée en Europe, au sein du G7 et du G20, à l’ONU. Elle n’aurait aucune chance d’influer sur le cours des affaires, alors que seul un Président qui y croit peut redonner sa voix à la France en Europe. Elle est attendue. Elle sera écoutée. Elle a un message qui lui est propre et incarne un modèle social et solidaire, de liberté et de dynamisme.

Sortir de l’Europe ou de l’Euro, c’est sortir de l’histoire. C’est se placer en dehors du jeu. C’est aussi s’offrir une crise économique purement nationale qui lèsera les épargnants et appauvrira les plus pauvres. L’euro c’est la stabilité, les taux d’intérêts bas, c’est la souveraineté retrouvée au lieu des dévaluations incessantes qui ruinent les moins favorisés.

Réinvestir l’Europe, la réveiller, la façonner, y prendre toute sa part, c’est défendre nos intérêts nationaux, participer à réguler un monde dangereux.

Dans une France troublée, divisée, énervée, sous tension, le choix apparemment complexe se résume à une simple équation: au premier tour on choisit, au second tour on élimine. Les Français ne doivent pas choisir la violence et les mensonges, la crise financière et l’isolement avec l’inconnue de l’aventure extrémiste. Ils ont la possibilité de voter pour un Président qui incarne une nouvelle génération, un renouveau, un réengagement de la France en Europe, avec nos partenaires, au premier rang desquels l’Allemagne. Discuter plutôt que se disputer, partager plutôt que de s’affronter, voila ce qu’il faut. Remettre la France et l’Europe en marche, c’est possible et c’est nécessaire pour ceux qui souffrent et sont en colère. C’est un projet auquel les Français doivent participer.

A ceux qui critiquent, rappelons que seuls, nous échouerons sûrement. A ceux qui doutent disons qu’ils ne peuvent pas rater une chance de réguler une économie qui l’exige. A ceux qui hésitent encore, malgré les dangers à nos portes, crions que la France est belle quand elle est ouverte, européenne, active et généreuse. Que seul un candidat jeune, modéré, aux confluences des vieux partis, peut offrir une gouvernance moderne et attentive à chacun. Un Président qui lave la vieille querelle européenne dans l’efficacité et la fierté retrouvée d’une France aux avants-postes, qui peut ainsi s’écrire un nouveau destin.
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