Donald Trump ne pourra pas s’empêcher, le 7 juillet, de se mettre en scène à Ankara où se tient le sommet de l’OTAN. Son égo surdimensionné l’oblige au spectacle. Sait-il pour autant ce qu’il veut pour l’alliance atlantique ? Rien n’est moins sûr. Son administration est divisée entre ceux qui sont hostiles à l’Europe et ceux qui se réjouissent d’y trouver encore quelques sujets et clients contraints d’acheter américain.
Contrairement au narratif ridicule du secrétaire général de l’Organisation, ce ne sont pas les imprécations du président américain qui ont convaincu les Européens de réinvestir dans la défense. C’est plutôt la confirmation que l’Amérique regarde ailleurs, en Asie et c’est la menace russe, concrétisée en Ukraine mais désormais revendiquée sous forme hybride, au sein même de nos territoires.
Les Européens ont compris qu’ils seraient seuls en cas de coup dur ; ils s’y préparent et sont d’ailleurs de mieux en mieux équipés pour y faire face.
Jadis incarnation militaire du monde libre, l’OTAN n’est plus qu’un outil utile entre les mains des Européens qui leur a appris l’interopérabilité et le travail en commun. Les Américains s’en retirent lentement mais sûrement.
Et le monde libre n’a plus de leader, il n’a qu’une incarnation, l’Europe avec ses réussites, ses valeurs, mais aussi ses insuffisances et ses imperfections.
Comme d’habitude, les chefs d’Etat présents à Ankara vont faire en sorte d’amadouer l’hôte de la Maison-Blanche pour éviter la rupture qu’il annonce régulièrement sans la prononcer.
Comme de bien entendu, la sécurité de l’Europe ne dépend que d’elle-même et de son unité. Puisse-t-elle la montrer davantage ! A Ankara, pourquoi pas ?