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portrait

Interventions dans les médias

12/01/2012
C' dans l'air
 Depuis le 1er janvier 2012 et l'entrée en vigueur d'une nouvelle constitution, la Hongrie du très autoritaire Premier ministre Viktor Orban donne des sueurs froides aux démocraties d’Europe. Et en Russie, à deux mois de la présidentielle, le mouvement de contestation est loin de s’éteindre.
Vers où va la Hongrie de Viktor Orban ? Un an et demi après son arrivée au pouvoir, les signes alarmants s'accumulent. Et alors que son parti, le Fidesz, qui contrôle 68 % des sièges au parlement, vient de fêter une nouvelle constitution aux accents populistes et nationalistes, l’inquiétude grandit dans les chancelleries du Vieux Continent.

Car en dix-huit mois, Viktor Orban n’a eu de cesse de remodeler le pays à son image, en faisant voter plus de 200 lois, pour la plupart liberticides, lui permettant de verrouiller le régime. Avec, dans le collimateur : l’indépendance de la presse et des médias, de la justice ou encore de la Banque centrale du pays.

Ainsi, avec cette nouvelle constitution, l’appellation "république de Hongrie" disparait au profit de la seule "Hongrie". Une nouvelle loi instaure un nouveau mode de scrutin à un seul tour, favorisant largement le parti qui arrive en tête. Le Parlement a désormais le droit de modifier l’ordre du jour et de promulguer des lois sans débat. Le mandat des titulaires des postes importants de l’appareil d’Etat - économie, justice, police, armée - est porté de neuf à douze ans. Un futur gouvernement, d’une autre couleur politique, sera par conséquent confronté à des fidèles du Premier ministre.

Le pouvoir renforce également son influence sur la Banque centrale hongroise. Et le forint, en chute libre depuis trois mois sur les marchés, devient constitutionnellement la monnaie officielle. Le recrutement des nouveaux magistrats est désormais dans les mains d’un organisme qui répond directement au gouvernement. Enfin, l’unique radio d’opposition, Klubradio, a vu ses fréquences retirées et le site d’information Index ne peut plus couvrir les activités parlementaires. Un Conseil des médias, là encore lié à l’exécutif, vient contrôler radio et télévision publique, ainsi que l’agence de presse MTI.

Face à cette dérive autocratique, plusieurs manifestations ont été organisées dans la capitale, tandis que jusqu’ici l’Europe s’est, elle, montrée plutôt timide. Toutefois, les lois menaçant l’indépendance de la Banque centrale ont suscité l’émoi de Bruxelles et du FMI, où les déficits publics hongrois sont bien connus. Pour tenir en 2012, le pays a en effet demandé une ligne de crédit d’au moins quinze milliards d’euros auprès de l’UE et du FMI. Mais les deux protagonistes refusent de reprendre la négociation tant qu’Orban ne sera pas revenu sur sa politique. Et la Commission européenne a brandi la menace, mercredi 11 janvier, de déclencher une procédure contre Budapest pour déficit excessif.

Signe, peut-être, que le vent tourne en Hongrie ? Jusqu’alors inflexible, le Premier ministre a indiqué, ce jeudi 12 janvier, que son gouvernement était prêt à accepter une modification de sa politique, en contrepartie d’un accord de financement international. Une réunion entre le commissaire européen aux Affaires économiques et le négociateur hongrois est prévue le 20 janvier prochain.

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