Jean-Dominique Giuliani, Président de la Fondation Robert Schuman, et Nicolas Dupont-Aignan, député de l’Essonne et Président de Debout La République, sont les invités de Ruth Elkrief pour débattre des enjeux de l’Union pour la Méditerranée et de la présence de Nicolas Sarkozy à la cérémonie d'ouverture des jeux olympiques.
Le premier débat concerne le voyage de Nicolas Sarkozy à Pékin le 8 août prochain. Les relations avec la Chine restent compliquées étant donné que l’ambassadeur de Chine a mis en garde la France contre toute rencontre avec le Dalaï Lama. Selon Nicolas Dupont-Aignan, Nicolas Sarkozy a raison d’aller en Chine mais peut et doit recevoir le Dalaï-Lama s’il le souhaite. La Chine a simplement profité d’un moment de faiblesse et d’hésitation de la France et il faut montrer aux Chinois qu’il n’y a aucune raison de « céder au chantage permanent ». De plus, comme l’a rappelé Jean-Dominique Giuliani, l’Europe « n’est pas affaiblie » mais reste « le premier client de la Chine » et que par conséquent, « nous ne sommes pas sans levier ». Il a ajouté qu’il ne fallait pas y aller « dispersés ». Pour Nicolas Dupont-Aignan, il faut raisonner « en fonction de grands ensembles ». Alors que ce dernier indique que Nicolas Sarkozy ne devrait pas signer l’Accord de M. Mandelson à l’OMC, refusant ainsi le dumping social et environnemental, Jean-Dominique Giuliani indique que le Président français n’a pas de droit de veto car la politique commerciale est une compétence de l’Union. En revanche, la France peut s’exprimer même si elle « ne s’exprime pas dans le bon sens ».
Concernant l’Union pour la Méditerranée, ce sommet semble être un succès annoncé. Nicolas Dupont-Aignan, qui est favorable à cette union, n’est pas d’accord sur son fonctionnement. Pour lui, il faut à tout prix éviter de faire du « showbiz ». Il aurait fallu choisir une autre date et faire une Union pour la Méditerranée en dehors de l’Union européenne. Dans le cas présent, on revient au processus de Barcelone qui ne fonctionne pas depuis 1995. Il faut privilégier les « coopérations ». Or, l’Allemagne veut participer pour « verrouiller le système » et éviter que la France, la Grèce et l’Italie engagent des fonds financiers. Cette vision est qualifiée de « vision du 19ème siècle » par Jean-Dominique Giuliani, pour qui, cette union est « le bon exemple d’une politique communautaire efficace ». Pour lui, l’Europe est « efficace » car elle « met autour de la table des gens qui n’ont pas signé la paix », « symbole que même les Etats-Unis ne peuvent pas faire aujourd’hui ».